La coccinelle asiatique fait des siennes ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

ImageVoilà six ans que de nombreuses habitations privées de l’ensemble du pays sont envahies de plusieurs dizaines voire quelques centaines d’hôtes inhabituels. L’hiver 2006-2007 fut particulièrement marquant puisque des agglomérats d’environ mille individus furent signalés par bon nombre de particuliers. Vous l’avez compris nous traitons de la fameuse Harmonia axyridis Pallas, originaire du sud-est de l’Asie, plus communément nommée la coccinelle asiatique qui s’agglutine en masse à notre insu aux plafonds, portes, et fenêtres de nos maisons pendant la mauvaise saison. Annuellement, souvent à la fin octobre, on assiste à des rassemblements de ce coléoptère aphidiphage (qui se nourrit de pucerons) dans les habitations de particuliers. Et il faudra s’y faire ; car ces rassemblements vont s’intensifier dans les années à venir. Entre les propos sensationnalistes d’une partie de la presse et les communiqués minimalistes de certaines entreprises de lutte biologique, nous tenterons ici de répondre, le plus objectivement possible, aux questions qui ont été posées sur cette nouvelle venue.

Ne nous m’éprenons pas, c’est un véritable fléau à exprimer en termes de conservation de la biodiversité. La coccinelle asiatique est une espèce invasive, c’est-à-dire qu’elle est d’origine exotique. Introduite hors de son habitat d’origine, elle colonise nos territoires à très grande vitesse d’autant que sa prolifération n’est nullement régulée par un quelconque agent biologique. Elle entre ainsi en compétition tant pour la nourriture que pour le milieu de vie avec nos coccinelles indigènes (Coccinella septempunctata, Adalia bipunctata,…). Comme si ça ne suffisait pas, lorsque les pucerons viennent à manquer, l’asiatique ne néglige pas de se nourrir directement des larves des autres coccinelles, elle se comporte donc en plus comme un prédateur de coccinelles. Sans parler des répercussions inévitables au niveau de l’ensemble de l’écosystème, les populations de nos 35 espèces de coccinelles indigènes sont malmenées par la prolifération, sur la quasi-totalité du territoire belge, de cette espèce allogène introduite volontairement dans notre pays par des protagonistes, que nous ne citerons pas ici, tergiversant la lutte biologique. Elle est également présente dans le sud des Pays-Bas, dans le Nord de la France, en Allemagne et en Angleterre.

Suite à son invasion, découlent une série d’autres problèmes. Nouvellement introduite sous nos latitudes, et la sélection naturelle n’ayant pas encore agit, Harmonia axyridis ne s’est pas encore adaptée physiologiquement à hiverner. C’est pourquoi, elle se protège des températures trop basses en pénétrant dans nos maisons. Cependant, elle ne représente aucun danger sanitaire et elle n’abîme rien dans les habitations mais la cohabitation peut s’avérer très désagréable : cet insecte peut se trouver partout, en grand nombre et émettre une substance jaunâtre mal odorante et toxique sans danger pour l’homme à moins d’en ingérer de très grandes quantités. Rouge uni, rouge ou orange ponctuées de noir, ou encore noire avec des taches orange ; les élytres de cette envahisseuse revêtent 120 patrons distincts. Cette variabilité de faciès peut faire croire au premier abord qu’il s’agit de plusieurs espèces différentes mais il n’en est rien. L’importante diversité de faciès que présente la coccinelle asiatique, la rend difficilement identifiable par les personnes non averties. Beaucoup de citoyens manifestent leur désir de les voir déguerpir de leur demeure. Mais il faut savoir qu’à l’occasion, quelques individus de nos coccinelles indigènes peuvent aussi investir nos habitations s’ils n’ont pas trouvé d’abris dans leur biotope naturel. Il serait par conséquent inopportun de sortir la bombe insecticide ou l’aspirateur mettant ainsi également en péril les coccinelles bien de chez nous, faute de pouvoir formellement les distinguer. Une solution simple et radicale peut pallier à ce problème : munissez vous d’une brosse et d’une ramassette, balayez les agrégats de coccinelles et vous allez les déposez soigneusement au jardin sous un tas de feuilles ou d’écorces et, laissez faire le tri par la nature elle-même. Les asiatiques péricliteront sous l’effet du froid, tandis que nos indigènes continueront leur hivernation en toute quiétude..

Pour survivre aux rigueurs de l’hiver, à la fin de l’été – début automne, la coccinelle asiatique doit se gaver de sucres très énergétiques. Elle devient alors un ravageur des cultures fruitières en s’attaquant aux vignes, pommiers et poiriers. Il est tout à fait envisageable que d’ici une petite décennie, Harmonia axyridis entraîne des dégâts tels, qu’elle pourrait engendrer des problèmes d’ordre économique qui se répercuteront inévitablement sur le portefeuille des consommateurs.

Conscient de ce phénomène qui semble inexorable, chaque année à Orp-Jauche depuis 2005, au début du printemps, une centaine d’individus de Coccinella septempunctata (notre indigène) destinée à être élevée chez un particulier, est prélevée sur la commune afin de préserver la diversité et la provenance génétique. Après deux mois d’élevage, environ 30.000 sujets auront vu le jour dans les meilleures conditions. 4000 sont distribués à l’état larvaire durant mai-juin aux citoyens. Le reste est lâché dans l’entité pour espérer ainsi enrayer la baisse des effectifs de notre indigène à sept points. Un important travail de sensibilisation à cette problématique est aussi effectué auprès de la population à travers des séances d’informations et des activités didactiques extrascolaires adressées aux enfants.

Renseignements : FADEUR Geoffrey (0479/32.63.95 – Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir )

 

 
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