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Il y a un ver dans la cerise sur le gâteau ! Beurk ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

Chaque année, depuis approximativement cinq ans maintenant, c’est le même constat ! Quant vient la récolte, bon nombre de particuliers ont la mauvaise surprise de découvrir un ver dans une bonne part de leurs cerises. Dégoûtés, les malchanceux se voient contraints de s’abstenir de dégustation.

Image En cause, la mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi). Cette mouche qui mesure à peine quelques 3 mm, est caractérisée par ses ailes transparentes avec 4 bandes foncées bleu-noir et son corps noir taché de jaune sur le thorax.

Elle apparait en masse à la mi-mai et peut rester active jusqu’en juillet. Au moment où les cerises passent du stade vert au jaune, la mouche de la cerise pond ses œufs en les introduisant un à un sous l’épiderme des fruits. Une femelle peut pondre jusqu’à cinquante œufs. Les larves éclosent des œufs après huit à dix jours, après quoi leur développement continue dans le fruit pendant trois à quatre semaines. Les larves quittent les cerises à peu près au moment de la récolte pour pénétrer dans le sol et s’y transformer en pupes avant de passer là tout l’hiver. Ce sont surtout les variétés mi-tardives et tardives de cerises qui ont des problèmes: les variétés précoces sont protégées parce qu’elles mûrissent avant que la mouche devienne active, et les griottes sont quant à elles, aussi rarement attaquées.

Afin d’enrayer la prolifération de cet insecte, certains spécialistes conseillent de ne planter que des variétés précoces mais c’est alors imposer aux particuliers des variétés qui ne sont pas forcément de leur gout, ou c’est encore impliquer la disparition progressive des variétés tardives. On prodigue encore de mettre en place à partir de la mi-mai des pièges à phéromones attractifs pour détruire les adultes mais là encore il y a un problème, c’est que ces appâts coûtent très chers et qu’en plus ils ne font que réduire l’infestation sans pour autant la proscrire intégralement. De plus, ils sont attractifs sur un très grand périmètre, ce qui a pour fâcheux résultat d’ameuter des individus qui n’auraient jamais infectés de cerise en l’absence de piège. On dit aussi de ramasser toutes les cerises tombées du cerisier avant que les larves ne s'enfouissent dans le sol et de les jeter aux ordures et non au compost. C’est très bien mais l’objectif n’est-il pas de les consommer ?

Soyons sérieux, pour pallier efficacement à ce problème, deux moyens sont à mettre en œuvre simultanément chaque année. Malheureusement, dans ce cas présent, il n’existe à ce jour aucune lutte biologique efficiente. Les insecticides préconisés en culture biologique tels que la pyréthrine ou la roténone agissant sur les adultes (mais pas sur les larves) n’ont qu’une très faible durée d’activité, ce qui contraindra l’utilisateur à plusieurs pulvérisations (une tous les 15 jours) extrêmement fastidieuses. Il s’agira donc d’avoir recours à des substances chimiques polluantes mais qu’il faudra utiliser intelligemment sans excès pour minimiser au mieux l’impact néfaste sur l’environnement. La meilleure manière est de traiter une unique fois, au bon moment et au bon dosage tel que recommandé sur l’emballage du produit à pulvériser. Pour ce faire, il faut se procurer dans toutes les bonnes jardineries des bandes jaunes engluées (l’attraction est visuel et ne s’effectue pas à partir de phéromones) ; elles ont l’avantage d’être très peu onéreux (4-5 € pour dix pièces) comparativement aux pièges à phéromones et également de ne pas attirer aussi les mouches qui sont chez le voisin. Dès début mai, on suspendra environ cinq de ces bandes sous la ramure du cerisier ; leur rôle n’étant pas de détruire les adultes de Rhagoletis cerasi mais d’uniquement repérer avec précision l’époque du vol de ceux-ci. Chaque semaine, on ira y jeter un petit coup d’œil ! C’est strictement lorsque l’on repérera des individus englués qu’il s’agira de pulvériser l’intégralité du feuillage du cerisier avec un produit à base de bifenthrine, de cyperméthrine ou de deltaméthrine que l’on se procurera facilement dans le commerce. D’autre part, il faut savoir que ce déprédateur des cerises s’attaque également aux fruits du Prunus avium, des Lonicera (chèvrefeuille) et des Berberis (épine-vinette) ; cumulé au traitement insecticide, le fait de proscrire toute plantation de ces essences à proximité de cerisiers endigue très significativement sa prolifération. Si on s’en tient à cette méthode, on aura la certitude d’une récolte de cerises dépourvue de vers et de tout résidu chimique. Bon appétit !

Renseignements : FADEUR Geoffrey ; expert phytopathologique bénévole (0479/32.63.95 – Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir )

 
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